La population peut-elle croître indéfiniment ?

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L'avenir m'intéresse parce que c'est là que j'aimerais passer mes prochaines années (Woody Allen)

D'une façon générale, notre pays se porte bien, surtout si on le compare à d'autres. Nous avons un des meilleurs système politique au monde, le fédéralisme, qui permet à toutes les composantes de notre citoyenneté de s'exprimer. Nous ne sommes inféodés à personne, ni à l'Union Européenne ni à personne d'autre, ce qui nous laisse libres de nous gouverner comme nous le voulons, sans être soumis aux diktats d'organismes supra-nationaux.

 

Alors c'est vrai que notre pays se porte bien, mais c'est justement là un de ses problèmes, car cette prospérité attire comme un aimant autant les affairistes qui veulent faire de l'argent que les travailleurs qui viennent chercher en Suisse des conditions de vie meilleures que dans leurs pays d'origine. Disons-le tout net, pour ces derniers cela rien de répréhensible et c'est même très courageux, car, du courage, il en faut pour quitter sa famille, ses amis et ses coutumes pour aller s'établir ailleurs.

 

Cela dit, ce n'est pas une raison pour laisser notre pays ouvert en libre-service à tous les vents. Nous avons le devoir et l'intérêt de protéger ce que les générations précédentes nous ont laissé: un cadre de vie exceptionnel, une saine prospérité et la paix sociale. Hélas, la célèbre phrase de Karl Marx est de plus en plus d'actualité "Aux capitalistes, nous vendrons la corde pour les pendre" ! Il voulait dire par là que l'appât du gain aveugle ceux qui ne pensent qu'à ça. Et c'est vrai que l'obsession de l'argent est quasiment devenue la règle, de quoi détruire l'âme notre pays et tout ce qui va avec. 

 

Au niveau de notre vie de tous les jours, la prédominance de l'argent sur toute autre considération se fait par le sacrifice du notre cadre de vie des citoyens de ce pays. Nos autorités ont supprimé le contrôle des frontières en contrepartie de l'accès au grand marché européen pour nos entreprises d'exportation. Nous en voyons les résultats sur notre vie de tous les jours: routes encombrées, pénurie d'appartements et pollution pour l'essentiel. Mais aussi de nouvelles pratiques qui rompent avec notre passé de traditionnelle propreté, de politesse et du respect de l'autorité: des détritus dans les rues, des graffitis partout, des bagarres au couteau jusque dans les cours d'école, des jeunes biturés à mort qui finissent au CHUV, des vendeurs de drogue partout, un irrespect général du savoir-vivre le plus élémentaire, des policiers qui se font tabasser, sans parler l'absolue nécessité de fermer ses portes à clé sous peine de voir son appartement cambriolé.

 

Sans chercher trop loin, force est de constater qu'une des causes de cette destruction rapide du beau cadre de vie hérité de nos ancêtres est due à la croissance incontrôlée de notre population.

 

 

 

Pourquoi ne trouve-t-on pas de logements vacants ? Par ce qu'il y a trop de monde qui en cherche. Pourquoi sommes-nous pris dans les bouchons sur nos routes aux heures de pointe ? Parce qu'il y a trop d'automobiles en circulation. Pourquoi nos jeunes diplômés ne trouvent-ils pas de travail ? Parce qu'ils sont en concurrence avec ceux, venus d'ailleurs, qui acceptent des salaires inférieurs. Pourquoi nos autorités veulent-elles généraliser le principe de la densification urbanistique ? Pour pouvoir loger encore plus de gens sur un territoire devenu de plus en plus exigu du fait du nombre d'habitants.

 

En très peu de temps, la Suisse est devenue un aimant à immigrants et nous en voyons tous les jours les conséquences: nous sommes trop nombreux sur notre petit territoire. Tout va trop vite et la Suisse est en train de dépasser à grande vitesse sa capacité d'accueil. En cela, il faut bien avouer que nos politiciens nous avaient menti comme des arracheurs de dents lorsqu'ils nous avaient dit, lors du votre de l'EEE en 1982, que l'Europe ne changerait rien chez nous, pas d'arrivée en masse de travailleurs de l'UE, pas de dumping salarial, pas plus de délinquance qu'avant, etc. Mais qu'il nous fallait absolument y adhérer faute de quoi le chômage et la misère s'installeraient chez nous. On voit aujourd'hui, en 2013, ce qu'il en est advenu: 80'000 travailleurs de l'Union Européenne déboulent chaque année en Suisse, le dumping salarial est devenu la règle, la délinquance devient presque ingérable, les cambriolages et le trafic de drogue notamment, on ne peut presque plus circuler sur nos autoroutes aux heures de grande affluence, et on est quasiment obligés de construire en hauteur pour pouvoir loger tout ce monde.

 

Et pourtant, il nous serait facile de "corriger le tir": il ne s'agit que de prendre conscience de ce qui nous arrive et, progressivement et sans à-coups, prendre les mesures adéquates.

 

Mais un préalable important avant d'en esquisser des pistes:

 

Dans notre pays, il y a des mots qui sont connotés et qu'on ne veut plus prononcer car ils sont trop chargés d'émotion. Par exemple, on ne dit plus "sourd-muet", on dit maintenant "malentendant-démutisé". Cela change-t-il quelque chose au fond de la question ? Non, mais cela sort cette expression de sa connotation historique et la rend moins péjorative.

 

Il en est de même avec le mot "immigration". A peine l'a-t-on prononcé que l'on se fait immédiatement traiter de xénophobe et de raciste. C'est un réflex conditionné par le matraquage de ceux qui ont intérêt à laisser perdurer le marasme qui s'installe chez nous avec l'immigration massive et incontrôlée que nous subissons. Et cela fait hélas beaucoup de monde ! Ce serait bien de trouver un terme pour remplacer ce mot "immigration" afin de le sortir de son ghetto où on l'a mis.

 

Mais revenons-en au "préalable" !

 

Il ne faut pas mettre toutes les immigrations "dans le même panier". Il est par exemple hors de question de ne pas accueillir chez nous quelqu'un qui est persécuté dans son pays et qui risquerait sa vie en y restant. Il ne doit y avoir aucune limite à cet accueil-là car c'est trop terrible d'être en danger et de ne pas savoir où se réfugier. Ce droit d'asile est inaliénable. Nous devons inconditionnellement accueillir ceux qui sont en danger de mort  et qui viennent chercher refuge chez nous.

 

Ceci dit, pour bien centrer le débat, en tant que citoyens de ce pays nous avons le droit et même le devoir de décider de ce que nous voulons comme cadre de vie. Nous avons le droit de nous donner des lois et règlements pour contrôler l'organisation de ce pays. Pas pour régenter la vie des citoyens, mais pour pouvoir contrôler et limiter les excès qui peuvent nous mener à la catastrophe. Et l'augmentation énorme et rapide de la population suisse due à l'immigration, de citoyens de l'Union Européenne essentiellement, est un abus qu'il faut rapidement pouvoir contrôler avant qu'il ne devienne plus maîtrisable. Nos conditions de vie et celle de nos enfants en dépend.

 

En prenant conscience du phénomène, sans sensiblerie ni faux-fuyant (il faut du courage et de la lucidité pour cela), des pistes viennent à l'esprit. En voici une.

 

 


Chaque année, 80'000 travailleurs de l'Union Européenne viennent spontanément s'installer en Suisse et malgré cela, les Offices de promotion économique des cantons continuent imperturbablement à tout faire pour attirer de nouvelles entreprises dans notre pays.

 

Le canton de Vaud, comme d'autres, fait de la promotion économique active. Les candidats se voient offrir une exonération fiscale de 10 ans en général, des terrains avec droits de superficie, des aides à l'intégration, des cours de langue pour leurs employés, etc. Car tout cela est financièrement intéressant pour le canton, d'une part les employés paient des impôts, ce qui fait des rentrées fiscales, ensuite l'entreprise qui a réussi son implantation paie aussi des impôts une fois sa période d'exonération terminée. Et une nouvelle entreprise qui s'implante, ça crée des postes de travail utiles pour résorber notre chômage. Ca c'est pour la théorie.

 

En pratique, la situation est moins rose.

 

La création d'emplois ne concerne bien souvent que des emplois subalternes, dans le nettoyage par exemple, car la plupart du temps les entreprises arrivent chez nous avec leurs cadres et spécialistes. L'avantage c'est que cela fait de nouveaux consommateurs pour nos commerces locaux, mais avec l'inconvénient qu'il faut loger ces nouveaux-venus d'où l'assèchement actuel du marché du logement. Ensuite ces gens arrivent avec leurs véhicules, souvent utilisés pour des trajets pendulaires, ce qui engorges encore plus nos routes et autoroutes.

 

Et puis beaucoup de ces entreprises quittent le canton pour d'autres cieux à "optimalisation fiscale" une fois leurs 10 ans écoulés, nous laissant leurs chômeurs sur les bras. Ceux-ci bénéficient alors des prestations de l'assurance chômage et la plupart du temps retournent dans leur pays d'origine une fois leur droit aux aides échu.

 

(Un fait est peu connu: un travailleur de l'UE qui est au chômage dans son pays et qui, après avoir signé un contrat en Suisse, n'y travaille qu'un seul jour, ce chômeur-là a automatiquement droit aux prestation de notre assurance chômage comme si c'était son premier jour de chômage !)

 

Il y a encore un autre problème: les avantages faits aux entreprises étrangères constituent une  concurrence déloyale vis-à-vis des nos entreprises indigènes. Car nos PME-PMI, doivent bien, elles, payer leurs impôts et ne bénéficient pas des aides de l'Etat. Sans compter que les nouvelles-venues sont souvent uniquement attirées chez nous par le pont d'or fiscal qu'on leur fait. Elles laissent la plupart du temps des filiales dans leur pays d'origine ce qui leur permet d'effectuer des transferts comptables de charges et de bénéfices.

 

C'est particulièrement ce point-là qui fâche les pays européens à notre égard. On pourrait penser que des entreprises à cheval sur deux pays vont chacune payer des impôts dans leurs pays respectifs alors qu'en fait elle arrivent à n'en payer que très peu dans un pays comme dans l'autre grâce à des artifices comptables. Par exemple, savez-vous que l'entreprises la plus riche de notre pays, non pas sise à Vevey comme on  pourrait le penser mais à Zoug, ne paye que 200 milllions d'impôt, alors même que son bénéfice a dépassé 4 milliards en 2012?

 

Tout cela devrait inciter nos autorités à fermer leurs offices de promotion économique mais il n'en est rien. Année après année, elles continuent imperturbablement à faire venir de nouvelles sociétés chez nous. Si notre pays était immense et avait besoin d'attirer de nouveaux habitants, comme la Sibérie par exemple, cela pourrait se comprendre, mais pas aujourd'hui où la Suisse doit déjà subir chaque année l'arrivée de 80'000 nouveaux travailleurs venant de l'Union Européenne du fait de l'ouverture des frontières. Nouveaux habitants qui doivent se loger et circuler ce qui contribuent à assécher le marché du logement et à encombrer nos routes.

 

80'000 nouveaux habitants venus de l'UE par année (sans compter ceux des autres pays, les frontaliers, les requérants d'asile, les employés des organisations internationales, les diplomates, etc.), cela fait 800'000 en 10 ans, presque la population de la Romandie, et pourtant nos autorités persistent à vouloir en attirer d'autres! Mais c'est se couper la branche sur laquelle nous sommes assis! Car finalement, le simple citoyen, quel est son bénéfice dans toute cette affaire? Les prix des loyers atteignent des sommets stratosphériques, matin et soir il est pris dans les bouchons sur l'autoroute, il ne trouve plus de logement pour ses enfants. Il y a trop de monde partout, il faut faire la queue pour tout, pour aller au bancomat, pour acheter du pain, pour aller au spectacle, etc.

 

130'000 frontaliers français chaque jour en Romandie (Christophe Darbellay dixit).

 

Il est temps que nos autorités stoppent cette promotion économique devenue superflue et même nuisible. La croissance démographique ne peut pas durer éternellement. C'est comme si on remplit un tonneau avec de l'eau, il arrive fatalement un moment où ce tonneau est plein. Nous y sommes presque puisque nos autorités doivent imposer le principe de la densification pour loger les nouveaux habitants en hauteur par manque de place !

 

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